11.

Lundi 21 janvier 1585

Eustache de Cubsac se présenta chez Olivier Hauteville le lundi soir. Le Gascon lui annonça que M. Séguier avait donné ordre au tribunal de l’élection de lui laisser toute liberté pour consulter les pièces comptables. Il lui remit aussi une lettre du surintendant des finances, au cas où il rencontrerait des difficultés.

Le Gascon, qui portait une gibecière contenant toutes ses affaires, lui confirma qu’il s’installait chez lui et qu’il l’accompagnerait partout. Olivier lui avait fait préparer son ancienne chambre, au deuxième étage. Cubsac en fut plus que satisfait. Il avait l’habitude de partager sa paillasse avec des soldats ou des valets et c’était la première fois qu’il disposait d’une grande salle chauffée pour lui tout seul. Sans compter que Perrine, la jeune servante, était plutôt à son goût.

Le lendemain, les trois hommes se rendirent au Palais. Olivier et le commis sur le bardot, Cubsac sur son cheval, armé jusqu’aux dents. La première matinée fut consacrée à une visite des archives. Jacques Le Bègue expliqua à son maître où se trouvaient les pièces comptables de l’élection, mais il lui précisa aussi qu’il fallait toujours ouvrir les sacs de dossier pour en connaître le contenu, car les classements étaient très mal faits. Il lui détailla ensuite longuement, avec des exemples, le mécanisme de la collecte de la taille et de son contrôle dans l’élection de Paris.

C’est en 1355 que le roi de France avait décidé que, dans chaque diocèse, trois élus des États (un pour chaque ordre) établiraient le montant de l’impôt nécessaire pour conduire la guerre contre les Anglais. Avec le temps, la taille – c’était le nom de cet impôt – était devenue définitive et les élus étaient devenus des officiers de la Couronne. Par des chevauchées dans les circonscriptions dont ils s’occupaient, ils répartissaient entre les paroisses le montant total de la taille royale à collecter que leur avait transmis le bureau des finances.

Les élus tenaient compte de l’abondance ou de la disette, de la facilité avec laquelle l’impôt de l’année précédente avait été acquitté, et surtout des exemptions des nobles et des gens d’Église qui pouvaient varier d’une année sur l’autre. Ils vérifiaient aussi les rôles dressés par les collecteurs des paroisses.

Une fois que chaque paroisse avait reçu le montant de sa taille à payer, des asséeurs choisis par les habitants dressaient des rôles sur lesquels étaient notés tous les paroissiens avec leurs biens et la partie de la taille paroissiale à leur charge. C’était la répartition. Les nobles et les gens d’Églises étaient notés de la même façon, mais sans être assujettis à l’impôt. Ces rôles étaient transmis à un collecteur auprès de qui chacun devait venir volontairement porter son impôt.

C’était une lourde machine administrative, avec quantité de bordereaux, de registres, et de vérifications, qui reposait sur une subtile hiérarchie de receveurs généraux, de receveurs, et de collecteurs. De surcroît, avec quatre cent cinquante paroisses regroupées en subdélégations, l’élection de Paris était excessivement vaste, même si la capitale était exemptée de taille.

Il y avait un rôle par paroisse et beaucoup d’entre eux portaient sur des quartiers trimestriels. Il était donc difficile de les comparer. C’est à une première tâche d’uniformisation que s’était attelé feu M. Hauteville. Avec Le Bègue, ils avaient ainsi recopié un grand nombre de registres, sur les quatre dernières années, pour pouvoir ensuite les examiner.

Seulement, comme les premiers résultats auxquels ils étaient parvenus avaient été volés par les assassins, ils devraient recommencer ce travail qui prendrait au moins un mois ou deux, d’autant que les documents de la subdélégation de Saint-Germain n’étaient pas archivés à Paris mais au château de Saint-Germain.

Le vendredi soir, Jean Le Clerc, sieur de Bussy, vint chercher Nicolas Poulain pour le conduire rue Michel-le-Comte, devant les Étuves Saint-Martin, chez M. Charles Hotman, receveur de l’évêque de Paris et fondateur de la sainte union. Poulain n’avait pas encore rencontré le chef de la Ligue parisienne, car il avait été récemment frappé par la maladie.

Bussy Le Clerc lui confia que Hotman avait créé la sainte union en réaction contre son frère Antoine, et qu’il ne fallait jamais évoquer ce dernier. Antoine, maître des requêtes d’Henri de Navarre, vivait à Genève et était l’un des plus fins juristes et théologiens protestants !

Désormais, Charles Hotman remplacerait Isoard Cappel qui était brusquement tombé malade et se soignait en province, ajouta Bussy Le Clerc. Cette dernière confidence amena un léger sourire sur les lèvres de Nicolas Poulain.

En arrivant, le lieutenant du prévôt fut conduit dans une salle voûtée et présenté immédiatement au chef de la sainte union, un homme austère à l’expression aussi triste que celle d’un pasteur huguenot. Comme à chaque réunion des ligueurs, beaucoup de participants étaient masqués, ce qui était d’ailleurs presque inutile, car avec seulement quatre ou cinq chandelles de suif allumées, on n’y voyait presque rien.

Quand le conseil fut au complet, Hotman lut une lettre du duc de Guise qui annonçait l’offensive prochaine des catholiques afin d’imposer au roi les clauses du traité de Joinville. À cette déclaration, des exclamations de joie ou de soulagement se firent entendre dans toute l’assistance.

Pour que leur cause l’emporte, poursuivait Guise dans sa missive, les Parisiens devaient l’aider, ainsi que les vrais catholiques des autres cités du royaume. Guise assurait disposer de quatre-vingt mille hommes, mais comme cette armée devrait être répartie dans toutes les provinces, les ligues urbaines joueraient un rôle important pour qu’il prenne facilement possession des villes et des forteresses.

Dans ce discours, Poulain remarqua qu’on ne parlait plus d’une entreprise de défense contre une Saint-Barthélemy organisée par les huguenots. Désormais, on ne faisait allusion qu’à une prise du pouvoir par les Lorrains.

Après la lecture de la lettre de Guise, Nicolas Poulain dut s’expliquer sur les achats d’armes qu’il avait faits. Quand il annonça avoir acheté vingt-cinq corselets, casques et épées pour cinq cents écus, des murmures de déception, et même de colère, se firent entendre. Comment pourraient-ils se défendre contre les centaines de Suisses et de gardes françaises du roi avec vingt-cinq épées ! ricanèrent certains.

Hotman lui-même grimaça son mécontentement avant de présenter à l’assistance un nouveau venu nommé Nicolas Ameline. C’était un homme d’une quarantaine d’années, au visage énergique, avocat des bourgeois de Saint-Germain-l’Auxerrois.

M. Ameline, expliqua Charles Hotman, allait prendre langue avec les bourgeois et les échevins des plus importantes villes de Beauce, Touraine, Anjou et Maine pour qu’ils constituent secrètement des unions comme celle de Paris, puisque c’est ce que demandait Mgr de Guise. M. Ameline leur ferait connaître les souhaits du duc et leur distribuerait de l’argent. Il disposerait pour son voyage de trois mille écus et la sainte union parisienne lui offrirait son équipement pour voyager, ainsi que deux bons chevaux.

M. Ameline informerait l’union chaque semaine. Par sécurité, et pour éviter que ses lettres ne soient lues par des espions, il les enverrait au logis de Nicolas Poulain, qui les porterait ensuite à M. de La Chapelle.

La réunion terminée, Poulain rentra chez lui tandis qu’une poignée de ligueurs restaient autour d’Hotman. Ils avaient à débattre en privé d’une difficulté inattendue que venait de leur signaler l’un des leurs.

Il y avait là Jehan Salvancy et son protecteur, M. de La Chapelle, le commissaire Louchart, Jean Bussy Le Clerc, le sergent Michelet, M. de Mayneville et enfin le curé Boucher.

C’est le protecteur de Jehan Salvancy qui avait demandé ce conciliabule.

— La situation est grave, mes amis, commença-t-il d’une voix traînante. Vous savez que notre principale ressource, et celle de Mgr de Guise, provient du prélèvement que nous effectuons sur les tailles de l’Île-de-France… M. Hauteville, chargé de contrôler les registres, était à deux doigts de découvrir les opérations de notre ami Salvancy quand nous l’avons fait disparaître… Nous pensions être tranquilles encore un an, le temps que Mgr de Guise impose sa volonté au roi et assure notre protection…

Les autres approuvèrent gravement de la tête.

— … Malheureusement, je viens d’apprendre que le fils Hauteville, dont nous n’avons pas pu obtenir la condamnation pour parricide, a été chargé de poursuivre le travail de son père. Il nous faut tout recommencer.

— Est-ce vraiment grave ? s’étonna M. de La Chapelle. Ce jeune homme n’a aucune expérience de contrôleur des tailles. Il aura des centaines, sinon des milliers de documents à consulter et il mettra des années pour seulement comprendre ce qu’il y a dans ces montagnes de papiers !

— C’est certain, approuva Louchart, mais le fils Hauteville a pour voisin M. Poulain. C’est Poulain qui a pris sa défense quand il a été arrêté. J’ai même été obligé de le faire libérer, car ce lieutenant du prévôt s’était mis en tête d’enquêter sur les assassinats !

— Disons la vérité à M. Poulain, il est des nôtres et cessera toute relation avec son voisin, proposa Mayneville avec impatience, car il avait hâte de rentrer chez lui.

— J’ai peur que ce ne soit pas si simple, répondit Le Clerc avec une moue. Poulain est un policier fort scrupuleux quant à l’application de la loi et il ne nous a rejoints que pour défendre la religion catholique. S’il apprenait que nous avons assassiné M. Hauteville, qui peut savoir comment il réagirait ?

— Je suis de ton avis, intervint le commissaire Louchart.

— Je me range à vos arguments, approuva Mayneville avec un signe de tête. Mais où y a-t-il danger ? Poulain ne peut aider Hauteville à contrôler les tailles…

— Non, ironisa sombrement le protecteur de Salvancy. Mais imaginez que Olivier Hauteville lui cite le nom des gens qu’il a rencontrés ces jours-ci, alors qu’il se renseignait sur ce que faisait son père… M. Poulain se souviendrait immanquablement qu’il les a aussi vus à nos réunions…

Il poursuivit, un ton plus bas :

— … Il pourrait faire le lien avec l’assassinat du père Hauteville. Ne risquerait-il pas alors de nous demander des comptes, et même de nous dénoncer ?

Mayneville grimaça sans mot dire, reconnaissant que Poulain pouvait présenter un danger. À dire vrai, Poulain ou Hauteville.

— Vous avez le choix, messieurs, il faut se débarrasser de l’un ou de l’autre, déclara-t-il après un instant de silence.

— Comme nous avons besoin de M. Poulain, dit La Chapelle avec cynisme, le choix est fait…

— Trouvons quelque gueux qui lui donnera un coup de dague dans la rue, proposa Salvancy.

— Ce ne sera pas facile, intervint le commissaire Louchart. Cette semaine, j’ai aperçu Hauteville au Palais en compagnie d’un ferrailleur armé d’une lourde épée. Le genre d’individu qui loue son bras au plus offrant. J’ai demandé à Michelet de les surveiller et il a appris que ce spadassin loge chez lui. Sans doute l’a-t-il engagé pour se protéger.

— Et si nous achetions ce garde du corps ? Il pourrait faire le travail à notre place.

— Et s’il refuse ? grinça Louchart. Ces bretteurs ont parfois un curieux sens de l’honneur !

— Michelet, pourriez-vous rassembler quelques truands capables de se charger d’eux ? demanda La Chapelle.

— En ville ? Vous rêvez, monsieur ! La nuit, ce serait sans doute possible, mais de jour, en pleine rue ! Il faudrait que Hauteville quitte Paris…, suggéra-t-il après un instant.

Ils restèrent encore silencieux un moment, certains échafaudant quelques idées qu’ils ne proposaient finalement pas tant elles leur paraissaient risquées ou irréalisables.

— Il va se rendre à Saint-Germain ! intervint brusquement Salvancy. Je me souviens qu’en examinant les documents trouvés chez M. Hauteville et que l’on m’a portés, j’y ai vu la copie des registres de la subdélégation de Saint-Germain qui ne sont pas au tribunal de l’élection de Paris. Il aura besoin de se procurer ces pièces, donc de se rendre là-bas comme l’avait fait son père.

— Mais quand ? demanda La Chapelle.

— Je peux me charger de cette affaire, proposa Michelet. Pendant quelques jours, je n’irai pas au Châtelet prendre mon service à la première heure. Je suivrai Hauteville et son commis chaque matin. Ils sortent de chez eux toujours à la même heure. Si je les vois prendre le chemin de Saint-Germain, j’aurai le temps de préparer quelque chose.

— Comment ferez-vous ?

— À Montmartre, je peux rapidement réunir quelques gueux. Même à cheval, il faut une demi-journée pour aller à Saint-Germain. Hauteville restera là-bas au moins deux jours, sinon trois. Sur place, je trouverai où ils logent et mes hommes surveilleront leur départ. On les attendra dans les bois de Vésinet, avant Chatou. À cette époque de l’année, il n’y aura pas grand monde sur la route et ils ne pourront m’échapper.

— Ce plan me paraît habile, approuva M. de La Chapelle en balayant du regard l’assistance, pour guetter une approbation.

— À moi aussi, dit Louchart, après un temps de réflexion. Mais évitez tout combat rapproché, Michelet. Le bretteur garde du corps est sans doute dangereux. Prenez des mousquets et tirez-les comme des lapins.

Lundi 28 janvier 1585, dans le Périgord

Ils avaient logé à Ruffec chez M. Leperrois, un ami de M. de Mornay, veuf et âgé. Après le souper, il les avait laissés dans la grande salle de sa maison fortifiée située dans une lice des remparts. Devant la cheminée, éclairés seulement par les flammes, Cassandre, les Suisses, et Caudebec veillaient un peu avant de rejoindre leurs chambres. Dehors, il neigeait. L’étape du lendemain serait certainement aussi courte que celle du jour écoulé. À peine trois ou quatre lieues.

Durant le voyage, ils parlaient peu, tant ils devaient rester vigilants aux périls du chemin, et ce n’est que le soir qu’ils pouvaient discuter. Mais ils le faisaient rarement, sinon pour préparer l’itinéraire du lendemain, car souvent leur hôte était avec eux et ils devaient rester discrets.

Ce soir-là, étant seuls, Cassandre interrogea ses compagnons sur Isabeau de Limeuil. Pour des raisons qu’elle ne comprenait pas, elle se sentait attirée par cette femme dont elle n’avait pourtant jamais entendu parler auparavant.

Les Suisses lui dirent combien ils appréciaient leur maîtresse. Malgré sa sévérité, elle était pleine d’esprit et ils lui racontèrent une anecdote. Après son mariage, la nouvelle épouse du prince, Françoise de Longueville, avait exigé d’Isabeau de Limeuil qu’elle rende les cadeaux reçus de son amant. Isabeau n’en avait retourné qu’un : une superbe peinture de François Clouet représentant Louis de Bourbon qu’elle avait gâchée en ajoutant à l’encre deux grandes cornes au milieu du front.

Ils rirent tous de bon cœur.

— Monsieur Caudebec, demanda alors Cassandre, avez-vous connu le prince de Condé ?

— Oui, mademoiselle. J’étais à ses côtés à Jarnac.

Ils restèrent silencieux un moment, étreints par l’émotion à ce triste souvenir. Jarnac était une grande défaite de leur cause. En ce mois de mars 1569, Condé et Coligny dirigeaient une armée de gentilshommes gascons, périgourdins et poitevins. Près de Cognac, ils avaient trouvé le duc d’Anjou, c’est-à-dire l’actuel roi Henri III, à la tête de l’armée catholique. Les huguenots s’étaient établis dans Jarnac alors que l’armée royale était restée sur l’autre rive de la Charente. Mais dans la nuit, le duc d’Anjou était passé sur la rive droite. Surpris, Coligny n’avait pu rassembler ses forces. Par malheur, avant même le début de la bataille, Condé s’était brisé une jambe. Avec trois cents cavaliers, il s’était heurté à huit cents lances du duc d’Anjou et avait été pris à revers par des reîtres allemands. Cheval tué, tombé au sol, il avait levé ses gantelets vers des gentilshommes catholiques qu’il connaissait pour montrer qu’il se rendait. Mais un des capitaines des Manteaux rouges du duc d’Anjou nommé Montesquiou, sachant la haine que son maître avait envers le prince, s’était approché au galop en criant « Tue ! Tue ! Mordious ! » et lui avait tiré un coup de pistolet dans la tête.

Par dérision, le corps du prince avait été chargé sur un âne et exposé durant deux jours aux quolibets des catholiques. C’est là qu’Isabeau l’avait revu pour la dernière fois et qu’elle avait prononcé ce terrible : « Enfin ! »

— Quel genre d’homme était-il ? demanda Cassandre, en rompant le silence.

Caudebec ne répondit pas tout de suite. Condé était un homme complexe, parfois brutal et sanguinaire, d’autrefois d’une bonté extrême.

— Le prince était un soldat, mademoiselle. Beaucoup le disaient cruel, et il pouvait l’être en effet, ayant rarement pitié de ses ennemis. Mais vous savez de quel courage il fit preuve à Jarnac. Ayant eu une jambe brisée par un coup de pied du cheval de son beau-frère, M. de La Rochefoucauld, non seulement il ne quitta pas le champ de bataille mais il déclara à ses gens avant de charger : Noblesse française, voici le moment désiré ; souvenez-vous en quel état Louis de Bourbon entre au combat !

Chassant ces pénibles souvenirs, il poursuivit :

— Saviez-vous qu’on avait écrit une chanson sur lui, où l’on évoquait sa courte taille, mais aussi son esprit ?

Caudebec se mit à fredonner :

Ce petit homme tant joli,

Toujours cause et toujours rit,

Et toujours baise sa mignonne,

Dieu garde du mal le petit homme !

Cassandre se sentit étrangement émue.

— Cette chanson montre combien il était aimé… dit-elle.

— En effet, mademoiselle. Pourtant il était dur, je vous l’ai dit, encore qu’il l’était moins que l’amiral de Coligny. Moi-même j’y étais attaché, bien que je ne l’aie rencontré que deux fois, ajouta Caudebec. Il avait vos yeux vifs et un esprit brillant, il aimait plaisanter, et comme il est dit dans la chanson, il était toujours gai, il aimait plaire, tout en étant résolu et ardent au combat. C’est un grand malheur pour notre cause qu’on l’ait assassiné, si lâchement.

— Aimait-il vraiment Mlle de Limeuil ?

— Je l’ignore, mademoiselle. Je sais seulement qu’ils ont eu un fils, mort peu après sa naissance, et que cela l’a fort affecté. Il en parlait parfois, m’a-t-on dit, dans ses moments de mélancolie. Il avait aussi perdu deux enfants de son premier mariage et ces disparitions assombrissaient son caractère. Après la mort de son épouse, et avoir délivré Limeuil du couvent où Catherine de Médicis l’avait enfermée, celle-ci est venue habiter avec lui. Il l’aurait sans doute épousée si la pression de ses amis n’avait pas été si forte. Son devoir de prince de sang devait finalement l’emporter sur ses désirs. Il a été contraint de l’abandonner, et elle ne lui a jamais pardonné. On dit que lorsqu’ils s’écrivaient, il ne signait pas de son nom mais de ces mots : Mourons ensemble !

— C’est lui qui est mort le premier, dit Cassandre avec un air mélancolique.

Elle ne posa pas d’autres questions. Elle s’interrogeait à nouveau sur les raisons qui la faisaient s’intéresser au prince de Condé et à Mme Sardini. Il est vrai qu’elle allait la rencontrer. Sa mère adoptive, Mme du Mornay, lui avait dit qu’elle devrait s’en méfier, donc tout ce qu’elle saurait sur elle pourrait lui être utile pour se défendre. Tout de même, elle ne pouvait s’empêcher de songer à sa triste destinée.

Les rapines du Duc de Guise
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